Conseil Municipal du 18 juin 2026

Question orale posée par Jean-Luc Bernard.

Madame le Maire,

Nous souhaitons nous faire aujourd’hui le relais de l’inquiétude d’une habitante et mère de famille concernant la sécurité routière sur un secteur particulièrement fréquenté de notre ville : la rue de Clairefontaine, le rond-point du 23 août 1944, la rue Sadi-Carnot et les abords des écoles de la Louvière.

Ce témoignage n’est malheureusement pas isolé. De nombreux riverains nous alertent régulièrement sur les vitesses excessives, pourtant limitées à 30 km/h, sur la dangerosité des traversées piétonnes, ainsi que sur l’état dégradé et parfois impraticable des trottoirs.

Le radar pédagogique installé rue de Clairefontaine semble lui-même attester de vitesses pouvant atteindre 70 km/h. Plus inquiétant encore, plusieurs incidents ont déjà été observés, notamment lorsqu’un enfant a failli être percuté sur un passage piéton au niveau du rond-point du 23 août 1944.

Au-delà de la sécurité des enfants et des familles, l’état des trottoirs rend également difficile, voire impossible, les déplacements des personnes âgées, des parents avec poussettes et des personnes en situation de handicap.

C’est pour cela, madame le Maire et chers collègues que la sécurité routière n’est pas une question secondaire. C’était une priorité de notre programme municipal. Nous défendions une ville plus apaisée, des quartiers reliés par des cheminements sécurisés, des trottoirs accessibles, des aménagements permettant de faire cohabiter automobilistes, cyclistes et piétons, sans opposer les usages.

Nous savons que d’autres communes ont su mettre en œuvre des solutions adaptées : ralentisseurs, chicanes, plateaux traversants, barrières de protection, radars dans les deux sens de circulation, réaménagement des trottoirs et sécurisation des abords des écoles.

Nous ne pouvons pas attendre qu’un drame survienne pour agir.

Aussi, nous souhaiterions connaître :

  • Quel diagnostic précis la Ville a-t-elle réalisé sur ce secteur ?
  • Quelles mesures immédiates peuvent être mises en œuvre pour réduire les vitesses excessives ?
  • Des travaux de réfection et d’élargissement des trottoirs sont-ils programmés rue Sadi Carnot, rue de Clairefontaine et au niveau du rond-point du 23 août 1944 ?
  • La sécurisation des cheminements vers les écoles de la Louvière fait-elle partie des priorités du mandat ?
  • Plus largement, la municipalité envisage-t-elle un plan pluriannuel de sécurisation des abords des établissements scolaires et des principaux axes piétons de la ville ?

Parce que la sécurité des Rambolitains, et plus particulièrement celle de nos enfants, mérite mieux que des constats. Elle mérite une ambition. Elle mérite des actes. Et nous pensons qu’en matière de sécurité routière, il vaut toujours mieux prévenir que regretter.

« Une ville apaisée ne se mesure pas à la beauté de ses aménagements, mais à la sérénité avec laquelle un enfant peut se rendre à pied à son école ».

Réponse de madame le maire :

Monsieur Bernard, vous relayez une inquiétude que nous entendons. Et que nous prenons au sérieux, car la sécurité des déplacements, en particulier aux abords des écoles, constitue une priorité constante de notre action sur le diagnostic du secteur.

Les services municipaux, en lien étroit avec la police municipale, le suivent depuis plusieurs années. Du côté de la police municipale, ce sujet a été pris en compte avec la pose d’un premier radar pédagogique à partir de février 2025, puis un 2ème en mai 2026. Les données issues de ce radar montrent une vitesse moyenne inférieure à 40 km heure pour une limitation à 30 km heure. Il est important de rappeler qu’il s’agit d’une moyenne.

Des comportements inadaptés sont effectivement constatés, mais ils ne traduisent pas une majorité de situations.

Sur les mesures mises en œuvre, la ville agit déjà de manière concrète avec des contrôles réguliers de la police municipale. Une présence fréquente des patrouilles sur cet axe et l’utilisation d’un radar pédagogique mesurant dans les 2 sens de circulation. La réponse apportée est claire, elle repose avant tout sur l’action continue et ciblée de la police municipale pour agir sur les comportements.

La multiplication des ralentisseurs ne constituerait pas une réponse systématique, car elle génère également des contraintes et ne traite pas toujours efficacement le fond du problème. Sans oublier encore une fois que les installations type dos d’âne ne sont pas conseillées pour les communes accueillant un hôpital.

S’agissant des cheminements piétons, une grande partie de la rue Clairefontaine bénéficie d’aménagements, notamment avec des voies cyclables. Mais certains points de contrainte subsistent, en particulier sous le pont SNCF. Des gênes ponctuelles peuvent également apparaître, notamment en lien avec l’occupation des trottoirs. Ces éléments sont identifiés et intégrés dans les priorités d’intervention à moyen terme, notamment avec les projets immobiliers en cours rue de la Louvière.

D’une manière générale, la ville agit de manière concrète et progressive sur les aménagements. En 2025, un aménagement a été réalisé devant l’école de la Louvière, rue du Muguet. À l’été 2026, une opération structurante sera réalisée rue de Clairefontaine, comprenant la création d’une piste cyclable. La création d’un cheminement piéton et la requalification de la voirie en liaison avec la rue de la Louvière.

Plus globalement, la déconstruction du nickel et l’aménagement paysager à cet emplacement redessinera le cheminement piéton à proximité de l’école de la Louvière et participera ainsi à l’amélioration de la sécurité aux abords des écoles.

Je rappelle aussi qu’en début d’année 2026, un renforcement de la signalisation aux abords du collège de Vivonne a été réalisé pour un montant de 15000 euros. Ces interventions traduisent une action cohérente, ciblée et continue pour améliorer la sécurité et le partage de l’espace public, notamment autour des équipements scolaires. Soyez assurés que nos services techniques sont pleinement mobilisés sur cette question.

Je finirai en vous informant officiellement que la ville va engager l’élaboration d’un schéma de déplacement local dès la rentrée prochaine. Ce schéma permettra d’intégrer de manière cohérente l’ensemble des enjeux de sécurité routière, d’accessibilité et de mobilité douce afin de proposer des réponses durables et adaptées à l’échelle de la ville.

Voici notre argumentation par rapport à la réponse. En effet nous ne pouvons pas argumenter après la réponse de madame le maire. Cela n’est pas autorisé.

Sécurité routière : combien de temps faudra-t-il encore attendre ?

La réponse de la majorité laisse perplexe.

Sécurité routière : notre question a permis d’obtenir des engagements. À nous maintenant de veiller à leur réalisation.

Nous avons relayé les inquiétudes d’habitants concernant la sécurité de la rue de Clairefontaine, du rond-point du 23 août 1944, de la rue Sadi Carnot et des abords de l’école de la Louvière. La réponse de la majorité est finalement très révélatrice.

Madame le maire reconnaît que le secteur est suivi depuis plusieurs années, que des comportements dangereux existent, que des contrôles réguliers sont nécessaires, que plusieurs aménagements sont programmés… et annonce désormais l’élaboration d’un schéma local des déplacements. Autrement dit, les préoccupations des habitants étaient bien fondées.

Une autre interrogation demeure. Madame le maire reconnaît elle-même qu’une vitesse moyenne proche de 40 km/h est constatée dans une zone limitée à 30 km/h. Quelle que soit la valeur retenue, une chose ne change pas : la vitesse moyenne reste largement supérieure à la limitation autorisée. Et c’est bien là l’essentiel.

Une moyenne n’efface pas le danger. Elle ne dit rien des véhicules qui circulent à 60 ou 70 km/h devant une école. La sécurité routière ne se résume pas à une statistique : elle se mesure à la capacité de protéger les plus vulnérables.

Pendant ce temps, les riverains continuent de constater les excès de vitesse, les trottoirs dégradés, les difficultés pour les personnes âgées, les poussettes ou les personnes en situation de handicap, et les parents continuent de s’inquiéter pour la sécurité de leurs enfants. La réponse apportée repose essentiellement sur les contrôles et les radars pédagogiques. Mais chacun sait qu’on ne transforme pas durablement les comportements uniquement avec des contrôles. On sécurise une ville par des aménagements adaptés.

Après six années de mandat, la majorité annonce aujourd’hui un nouveau schéma de déplacements. Nous nous en réjouissons, mais une question demeure : pourquoi avoir attendu si longtemps alors que le secteur est identifié comme sensible « depuis plusieurs années » ?

Nous entendons également l’argument selon lequel les ralentisseurs ne seraient pas adaptés en raison de la présence de l’hôpital. Pourtant, de nombreuses villes disposant d’un centre hospitalier sécurisent leurs quartiers grâce à des plateaux traversants, des chicanes, des rétrécissements de chaussée, des protections de passages piétons et d’autres aménagements compatibles avec la circulation des secours.

Personne ne demande des solutions miracles. Mais les Rambolitains sont en droit d’attendre autre chose qu’une succession d’études et de constats. Nous refusons d’attendre qu’un accident grave vienne rappeler ce que beaucoup d’habitants signalent depuis des années. La sécurité des enfants, des familles, des piétons et des personnes les plus fragiles mérite mieux qu’une gestion au fil de l’eau.

Notre démarche n’a jamais été de contester pour contester. Notre rôle est d’écouter les habitants, de porter leurs préoccupations et d’obtenir des engagements publics.

Sur ce dossier, la majorité confirme elle-même que des travaux sont nécessaires. Nous saluons ces annonces. Nous serons désormais particulièrement vigilants pour qu’elles deviennent rapidement des réalisations concrètes.

Parce qu’en matière de sécurité routière, prévenir coûtera toujours moins cher que regretter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *